Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 06:42

 

Monsieur le Premier ministre, cher camarade,

 

L'élection de François Hollande et votre nomination ouvrent une possibilité pour qu’enfin les exigences de notre peuple soient entendues. Composante décisive de la victoire, les nôtres veulent recueillir les fruits du changement.

 

Je sais que tout ne se fait pas en un jour. Pour l’immédiat, cependant, je veux attirer votre attention sur la situation intolérable d’une vingtaine d’entreprises emblématiques et de leurs salariés.

 

Certaines décisions peuvent immédiatement être prises par simple décret ou par l’action du gouvernement pour résoudre ces situations d’urgence. Notamment pour faire appliquer les décisions de justice rendues en faveur des salariés. Agissez pour faire appliquer les jugements qui ont donné raison aux ouvrières de Sodimédical et ordonné le versement de leurs salaires non payés depuis sept mois.

 

D’autres propositions nécessitent des modifications législatives. Je forme le vœu qu’elles soient soutenues dès cet été par le gouvernement lors de leur présentation à l’Assemblée nationale par les députés du Front de Gauche.

 

Par la loi, il est possible dès à présent de stopper l’hémorragie industrielle grâce à :

 

-L’interdiction des licenciements boursiers et suppressions d’emplois dans les entreprises bénéficiaires. Cette mesure de bon sens économique vise à empêcher des saccages comme ceux de Continental ou Samsonite. Elle empêcherait les actionnaires de préparer de nouvelles suppressions d’emplois dans des groupes bénéficiaires, de l’automobile (PSA, Renault etc), à la chimie (Sanofi-Aventis) en passant par les banques.

 

-La création d’un droit de véto des élus du personnel en cas de fermeture ou délocalisation et l’obligation d’examiner les propositions des salariés. Ces droits nouveaux des travailleurs permettraient par exemple aux salariés de l’automobile de Sevelnord ou de PSA Aulnay de faire entendre leur point de vue à des actionnaires jusqu’ici tout puissants.

 

-Un droit de préemption de l’activité par les salariés réunis en coopérative, avec un soutien juridique et financier public, comme le réclame depuis plus de 600 jours les salariés de l’usine Univelever-Fralib. Un tel droit aurait aussi permis d’envisager sous une perspective autrement plus positive la reprise de l’activité de SeaFrance.

 

-L’adoption de sanctions pour punir les atteintes «aux éléments essentiels du potentiel économique de la Nation» prévues à l’article 410-1 du code pénal. Parmi ces sanctions devrait figurer la réquisition des sites industriels d’intérêt général en danger. C’est le cas d’ArcelorMittal à Florange, où l’arrêt des hauts fourneaux menace la souveraineté industrielle de la France en matière d’acier. Un tel droit de réquisition empêcherait également le dépeçage d’Arkéma, leader français du PVC. Il permettrait également de dissuader des entreprises comme Alstom de se séparer d’activités hautement qualifiées comme la fabrication des ailettes de turbines.

 

-L’instauration de visas sociaux et écologiques aux frontières pour empêcher le dumping social ou environnemental. Ces protections passent aussi par des mesures d’harmonisation sociale par le haut dans les entreprises de transports, en particulier maritime où des milliers d’emplois sont menacés comme à la SNCM et à la CMN.

 

-La mise en place de «plans écologiques de filières industrielles»pour mettre en relation les entreprises entre elles autour d’un projet ambitieux comme, par exemple, entre la papeterie M’Réal dans l’Eure et la raffinerie Petroplus en Seine-Maritime.

 

-La protection des sous-traitants par la responsabilisation des entreprises donneurs d’ordre, permettrait de pérenniser de nombreuses productions de haut niveau comme celle de PreventGlass, des Fonderies du Poitou ou encore de Faurécia.

 

Enfin, monsieur le Premier ministre, je vous demande solennellement d’intervenir pour faire cesser les poursuites engagées par le précédent gouvernement contre de nombreux syndicalistes comme Xavier Mathieu ou les agents «robins des bois» d’EDF et de GDF.

 

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Premier ministre, cher camarade, l’expression de ma très haute considération.

 

Jean-Luc Mélenchon.

 

Hénin-Beaumont, le 15 mai 2012

 

© Libération

 

Par PG34600 - Publié dans : Politique
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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 19:57

CGT-PTT Hauts Cantons

 

 

COMMUNIQUÉ


La Poste de Bédarieux ; après 7 mois de conflit, le combat continue !!!

 

Les représentants CGT du personnel étaient conviés une nouvelle fois à une séance de négociation.

 

Après 1h30 de dialogue, force est de constater que La Poste a « négocié » uniquement pour la forme, n’amenant aucune solution concrète pour parer au manque de personnel, pour tenter d’améliorer les conditions de travail des agents et la qualité de service rendue aux usagers des hauts cantons.

 

L’inspection du travail s’est proposée de faire la médiation entre le personnel et la direction. La CGT a évidemment répondu favorablement espérant que La Poste fera de même afin d’aboutir à de réelles négociations et, à terme, faire cesser ce conflit qui n’a que trop duré.

 

En attendant, le personnel sera mobilisé et en grève ce lundi 14 Mai.

 

Par PG34600 - Publié dans : Social
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 13:18

De lassitude en désespérance, la politique se languissait. On n'y croyait plus. Sous les feux de la rampe, les médias faisaient de leur mieux pour amuser la galerie. Hélas ! à leur insu, ils reproduisaient souvent les poncifs de l'idéologie dominante. La droite avait gagné la bataille des idées : elle avait imposé son langage, ses problématiques, son idéologie.

 

Un langage partisan, souvent inconscient de l'être : charges sociales et non cotisations, assistanat et non droits sociaux, libéralisme et non capitalisme, Etat-providence et non Etat social de droit, etc. Des problématiques fallacieuses : les dettes publiques dues aux « avantages » des travailleurs et aux missions sociales de l'Etat, une Europe régie sans recours par les marchés, la souveraineté populaire taxée de souverainisme, voire de nationalisme, les services publics jugés archaïques, la laïcité conçue comme une vieillerie, etc.

 

Des idées reçues et répétées sans distance critique : le communisme confondu avec le goulag, mais le christianisme étranger à l'Inquisition, la charité substituée à la solidarité, les coûts écologiques et sociaux de l'ultralibéralisme externalisés, l'impôt tenu pour confiscatoire, et les déshérités jugés responsables de leur situation. Bref, dans la bouche de ses apologètes, toute interrogation sur l'inhumanité d'un système si content de lui paraissait incongrue et passéiste. La condescendance se mêlait à la morgue, et le cynisme à l'enrichissement vertigineux. Un million d'euros mensuels pour certains PDG du CAC 40, et le smic plafonné à 1 400 euros.

 

Les soins, la culture, le logement, voire l'eau et l'énergie, devenaient inaccessibles aux exclus, et l'industrie du luxe se faisait florissante. Comme l'avait dit la Dame de fer : « No alternative. » M. Sarkozy agissait en disciple. Mais il fallait un dérivatif aux désespérés. D'où son mimétisme à l'égard de l'extrême droite. Exalter le « nous » contre le « eux », l'ami contre l'ennemi.

 

Combattre l'exploitation

 

Rapprocher immigration et menace sur l'identité dite nationale. Jeter l'opprobre sur les immigrés, les Roms, les banlieues. Dans tout cela, un grand absent : le peuple.

 

Un fait nouveau change la donne. Le Front de gauche fait appel de la victoire idéologique de la droite. Il promeut une nouvelle façon de faire de la politique. Sa campagne est l'occasion d'un immense partage du savoir, d'un pari sur la culture populaire. Chaque discours explique, défatalise, déverrouille l'horizon. Les mots de la domination sont contrés par ceux de l'émancipation. On combat à nouveau l'exploitation, « qui produit la richesse en créant la misère » (Hugo : Melancholia). L'espoir est là, il fait vibrer, aller vers l'autre, ouvrir les livres, explorer la Toile, agir de concert, (re)vivre les solidarités militantes. L'émancipation individuelle et collective reprend sens. Telle est l'autre victoire du Front de gauche, et elle est pleine de promesses.

 

Certes quelques mois de travail collectif enthousiaste, impliquant toutes les générations, redonnant le sourire et l'envie de politique à bien des déçus, ne peuvent suffire à déconstruire des décennies de fatalisme, d'hégémonie idéologique des nouveaux maîtres du monde. Il y faut du temps, mais le mouvement est lancé, bien plus profond, bien plus essentiel que de simples échéances électorales. Dans tout le pays, le Front de gauche suscite des recherches passionnées sur des sujets auparavant abandonnés aux prétendus experts.

Comme disait Condorcet, il s'agit de « rendre la raison populaire ». Ce pari de la culture permet au peuple de reprendre toute sa place, de se découvrir plus puissant qu'il n'imaginait du fait de la dissuasion distillée sans cesse par les chiens de garde de l'idéologie dominante. « Trop compliqué pour vous, laissez-nous faire. » Non, on ne vous laissera pas faire, on ne lâchera rien ! La Boétie nommait servitude volontaire la soumission consentie. La résistance commence par la réfutation raisonnée. Et elle se poursuit par les luttes sociales.

 

Bref, le goût de la politique est revenu. Avec à la clé l'émergence d'une gauche décomplexée, libérée de toute fatalisation, fière d'assumer un projet d'émancipation original. Promouvoir le cercle vertueux d'une nouvelle République laïque, d'une économie sociale, et d'une planification écologique. Onze pour cent des voix, c'est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup par rapport à l'anéantissement qui précédait : scores infimes, division, lassitude et tristesse.

 

C'est peu par rapport aux objectifs d'une reconquête ambitieuse. Déjà un programme jugé utopique, couvert de sarcasmes, s'est découvert des émules. Voyez comment les idées du Front de gauche font école... De nouvelles tranches d'impôt ? François Hollande, sur le tard, reprend à son compte l'idée défendue par Jean-Luc Mélenchon. L'écart maximal des revenus de 1 à 20 ? Idem. Une sanction contre les exilés fiscaux ? Idem. Bref, la bataille des idées a enfin commencé, avec des premiers succès. Et elle ne s'arrêtera pas. Même après l'indispensable défaite de M. Sarkozy.

 

Henri Pena-Ruiz,

Philosophe, écrivain, professeur, membre du Parti de Gauche

 

© Le Monde – 09/05/2012

Par PG34600 - Publié dans : Politique
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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 20:13

La carte postale au 04-05-2012

Par PG34600
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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 13:16

 

Ainsi est réglé le compte du fossoyeur des acquis sociaux et des services publics de notre République.

 

Sa défaite est celle de son projet d’extrême-droitisation.

 

C’est une très bonne nouvelle pour la France et pour l’Europe.

 

Le monde, qui nous regarde connaît de nouveau l’audace des Français.

 

Une page est tournée.

 

Une autre commence pleine d’exigences.

 

Je félicite François Hollande pour son élection. Son avantage lui donne les moyens d’agir. Je souhaite le meilleur au nouveau président comme à notre pays.

 

J’adresse un salut reconnaissant à la résistance acharnée du mouvement social qui a préparé cette victoire. Les syndicalistes ont ce soir le dernier mot contre celui qui les menaçait.

 

Je félicite les quatre millions d’électeurs du Front de Gauche dont les votes ont fait la décision aujourd’hui.

 

Au même moment ce soir, notre parti en Grèce passe en 1ère position de la gauche.

 

La leçon de cette heure est que pour sortir de la crise de la civilisation capitaliste les peuples cherchent une issue à gauche.

 

C’était bien une manipulation que la place honteusement accordée aux thèses de l’extrême droite entre les deux tours.

 

Le Front national  n’est pas du côté du monde du travail. Ses électeurs ont voté Sarkozy. Ses chefs ont déserté avec leurs bulletins blancs.

 

Le Front de Gauche s’engage, autonome et conquérant pour que la défaite de la droite et l’élection de François Hollande devienne la victoire des exigences aigües qui viennent de s’exprimer.

 

Les élections législatives doivent approfondir notre victoire. Le Front de Gauche en est l’outil fidèle.

 

Tout commence à présent pour la France et pour notre gauche.

 

Place à la fraternité ! Place au peuple !

 

Jean-Luc Mélenchon.

 

Le 6 mai 2012

 

Par PG34600 - Publié dans : Elections
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